Les Homélies du père Alain-Noël
Frères et sœurs, le 1er novembre 1950, le pape Pie XII proclamait la foi en l’Assomption de Marie en ces termes : « nous affirmons et reconnaissons comme un dogme que l’Immaculée Mère de Dieu, la Vierge Marie, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste. »
Voilà donc ce que nous célébrons en ce vendredi 15 août ! Marie, qui a enfanté Jésus, le Fils de Dieu, est intimement, corporellement, liée au Christ. L’Assomption de Marie n’a de sens que comprise en lien avec les Mystères de l’incarnation et de la Résurrection du Seigneur.
Être des serviteurs ! Voilà ce que Jésus nous propose dans l’Evangile de ce dimanche. Des serviteurs, mais pas des esclaves ou des larbins ! Serviteurs des autres, par amour.
Être des veilleurs ! C’est le deuxième appel du Christ : tenir nos lampes allumées, les lampes de nos cœurs, de notre confiance et de notre espérance. Les lampes de la foi et du partage.
Serviteurs, veilleurs : Jésus nous montre l’exemple, dans la parabole qu’il utilise. Tout maître et Seigneur qu’il est, c’est lui qui, la ceinture aux reins, nous fait prendre place à table et se met à notre service ! Il nous le montrera encore, avec le signe du lavement des pieds, et lors de sa Passion et du don de sa vie…
« Amasser pour soi-même » : voilà ce que Jésus dénonce dans cette page d’Evangile. Ce qui est en cause, ce n’est pas de posséder des biens, ni même d’épargner ! Je pense même que Jésus ne devait pas critiquer Marie et Joseph, s’ils parvenaient à mettre un peu d’argent de côté… Ce dont il s’agit dans la parabole que le Christ nous propose, c’est l’égoïsme, le chacun pour soi ; toutes les fausses richesses qui nous font croire au bonheur, mais qui risquent de nous éloigner des autres, de la vraie vie, de nous-mêmes.
Ce passage de l’Evangile, nous fait assister à un débat entre deux rabbis, deux rabbins ; Jésus et un docteur de la Loi. Débat autour d’une question « que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Il nous faut déjà bien comprendre la question : En Français, l’expression « vie éternelle » évoque surtout une notion de durée, au risque que cela devienne un peu ennuyeux. Mais dans la langue du Nouveau Testament, en Grec, l’expression évoque l’idée d’une vie riche, savoureuse, autant qu’une notion de durée. Il serait peut-être plus juste de traduire par « que dois-je faire pour être heureux ? »
Frères et sœurs, voici que Jésus envoie ses disciples en mission, deux par deux. Car on n’est pas chrétien tout seul, nous avons besoin des autres pour témoigner de la Bonne Nouvelle ! La moisson est abondante, nous dit Jésus, et nous le constatons tous les jours sur notre paroisse. Il y a tant de jeunes, de femmes et d’hommes qui sont en quête de sens pour leur vie, qui sont en quête de Dieu sans toujours le savoir… Et nous-mêmes, nous sommes appelés à bûcher notre foi, à la nourrir par la méditation de la Parole et par tous les partages que nous vivons dans nos célébrations, nos fraternités, et les groupes que nous fréquentons.
Frères et sœurs, la fête de St Pierre et de St Paul nous rappelle avec force la double mission de l’Eglise : nourrir, enseigner, accompagner les fidèles que nous sommes d’une part ; aller au grand large annoncer la Bonne Nouvelle d’autre part. Cette double mission, comme nous le rappelle notre évêque avec la clef de voûte des orientations qu’il nous propose, ne peut se vivre que si l’Eglise, et donc chacune et chacun de nous, a le souci des pauvres, des petits, des exclus.
La liturgie de ce jour nous donne à entende le récit de l’une des multiplications des pains que nous relate l’Évangile. Elle aurait également pu nous proposer le discours sur le Pain de Vie que nous trouvons au chapitre 6 de l’Évangile de Jean : « Moi, je suis le pain de la vie. Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ; mais le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas ».
Et puis il y a bien sûr les développements théologiques de Saint Thomas d’Aquin qui, à travers les notions de « substance » et d’« accident », nous introduit dans le mystère de la présence réelle de Jésus-Christ, dans le pain et le vin consacrés.
Ce dimanche, la fête de la Trinité coïncide avec la fête des pères. Quel joli clin d’oeil ! Car nos paternités humaines et la paternité de Dieu n’ont de sens que si elles sont nourries par des relations. C’est le cas dans nos familles, c’est aussi le cas dans le Seigneur : nous croyons en un Dieu qui est relation d’amour ; de cette relation d’amour, que nous appelons la Trinité, peuvent jaillir une multitude de cadeaux, de dons, que nous pouvons tous accueillir.

