« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ! » Voilà, frères et sœurs, ce que Jésus dit à ses disciples dans l’Évangile de ce jour, et ce qu’il dit à chacune et chacun de nous aujourd’hui, en cette veille de rentrée.
Juste avant cet appel fort, le Christ annonce sa Passion et sa résurrection : il s’agit du cœur de notre foi chrétienne. Pierre et les disciples ont du mal à entendre cette annonce, qui supposera pour le Seigneur de grandes souffrances avant la joie immense de la vie qui l’emporte sur la mort.
Frères et sœurs,
Avez-vous conscience que, dans nos vies, nous sommes appelés à être, comme le dit le prophète Isaïe, « plantés comme une cheville » ? Non pas une cheville qui se tord lors d’une randonnée en montagne, mais une cheville dans une charpente ou dans un meuble, celle qui tient les éléments ensemble, qui assure la solidité de l’ensemble dans lequel elle est fixée.
Frères et sœurs, hier samedi, pour le 15 août, nous fêtions et nous célébrions la foi de Marie. Et voici qu’aujourd’hui dans l’Evangile, Jésus s’émerveille de la foi d’une autre femme, une Cananéenne. Bien que partageant pas la foi Juive de l’époque, elle se tourne vers le Christ, insiste et l’appelle à l’aide pour obtenir la guérison de sa fille.
Qu’il est beau de fêter Marie, en ce 15 août ! Qu’il est beau de comprendre qu’elle est au Ciel, dans le cœur de Dieu, et qu’elle intercède pour nous auprès du Père, du Fils et de l’Esprit… Qu’il est beau de nous souvenir que grâce à son « Oui », le destin de l’humanité tout-entière a basculé dans l’espérance et la confiance… Alors, merci Marie !
Homme de peu de foi, pourquoi, pourquoi as-tu douté ? Avance et ne crains pas, aie confiance, c’est moi !
Frères et sœurs, au cœur de cet été, voilà que Jésus nous appelle à dépasser nos doutes, nos craintes, nos angoisses. Il nous appelle à surmonter les épreuves de la vie, à ne pas nous laisser dominer par les tempêtes. Pierre, comme les autres disciples dans la barque, sont inquiets et bouleversés. Ils n’ont pas encore compris que le Christ pouvait marcher sur les eaux, parfois effrayantes, de nos peurs et de nos fragilités.
« Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » Voilà l’étonnante réponse de Jésus à ses disciples, qui se demandent comment l’immense foule qui suit Jésus va pouvoir être rassasiée… La confiance que Jésus fait à ses disciples est la même qu’il nous fait aujourd’hui : nous sommes appelés à nourrir nos frères et sœurs, comprenons à témoigner de l’amour de Dieu en paroles et en actes. La nourriture n’est en effet pas uniquement matérielle, même si elle est indispensable et nous invite au partage. Jésus le sait bien, lui qui, au moment des tentations au désert, affirmait : « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toutes paroles qui sort de la bouche de Dieu ».
Pourquoi le Seigneur Jésus raconte cette parabole ?
Il est à mi-chemin de sa mission. Il a l’impression que sa parole tombe dans le désert, personne n’écoute. Dimanche dernier, Il exultait : Père, Seigneur du ciel et de la terre, Je proclame ta louange, ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.
« Père, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits ! » Dans sa prière Jésus s’émerveille du fait que Dieu se donne à connaître aux « tout-petits », c’est-à-dire à ceux qui ont suffisamment d’humilité pour se laisser surprendre par sa présence d’amour. Il ne s’agit pas de statut social mais de disposition du cœur : chaque être humain peut se placer dans une attitude qui le prépare à s’ouvrir au Mystère de Dieu ! Il suffit, pour s’en rapprocher, de faire confiance, de lâcher prise.
Tout d’abord, Jésus, tu me pardonneras de ne pas commenter, ce matin, les textes de la Parole de Dieu !
Bon, je vais essayer de vous dire quelques mots, en ce jour particulier et forcément émouvant, même si je ne déménage que début septembre.
« Soyez donc sans crainte », dit Jésus dans l’Evangile de ce dimanche. Pourtant, nous aurions des raisons d’être inquiets, dans un monde cabossé et lorsque nos existences sont fragiles… Mais voilà ! Notre foi nous appelle au courage et à la confiance, et lorsque les vents sont contraires, nous pouvons nous appuyer sur la belle espérance que Dieu dépose dans nos cœurs…

