
Homélie pour le Vendredi Saint 2026
Après le temps de la fête lors du repas pascal, voici la journée de toutes les souffrances pour Jésus. Malgré la force du récit de la Passion, nous avons du mal à nous imaginer ce que le Christ a ressenti dans son corps, son cœur, son âme… Son corps avec les blessures infligées, les coups reçus et le supplice de la croix ; son cœur avec l’immense tristesse de voir ses amis l’abandonner, le trahir ou le renier, malgré la fidélité de quelques uns, dont Marie, si présente ; son âme avec les questions brûlantes, les doutes, les peurs, l’étrange silence du Père si proche et si loin à la fois…
La mort de Jésus est scandaleuse et salvatrice. Scandaleuse parce tellement injuste et incompréhensible, pour un homme ayant passé sa courte vie en faisant le bien, en appelant à l’amour et au relèvement de tous les cœurs blessés. Salvatrice, parce que cet homme est le Fils de Dieu. Le passage par la souffrance et par la mort ouvrent des perspectives étonnantes d’espérance en la vie, plus forte que tout ! Lorsque le courage, le don de soi et l’indéfectible confiance en Dieu s’affichent aussi fort, c’est en vue de proposer aux hommes une promesse de résurrection. Et voilà ce que nous célébrons aujourd’hui. S’il n’y avait que la mort du Seigneur, nous serions les plus malheureux. La souffrance en soi ne vaut rien, si elle n’est pas offerte.
La semaine qui nous conduit jusqu’à la fête de Pâques épouse notre condition humaine dans toutes ses dimensions : de la tristesse à la joie, de la lassitude à la persévérance, du doute à la foi, du repli sur soi à la communion de tous les partages.
Les baptisés et confirmés du week-end à venir sont des signes forts de l’appel que Dieu adresse à tous : appel à suivre Jésus, à vivre sous l’action de l’Esprit-Saint, à rayonner et témoigner au grand large ! Notre bateau de carême va bientôt arriver à bon port, il sera éclairé par la lumière de Pâques. Demeurons veilleurs dans la prière, l’accueil du grand Mystère que le Seigneur nous donne de contempler. Et que nos vies soient le plus cohérentes possibles avec l’amour dont Dieu nous comble !
Ne soyons pas tristes, ce soir, mais infiniment reconnaissants. Débarrassons-nous des peurs, des frilosités, et empruntons les chemins de la paix et du courage. N’oublions jamais que les Gethsémani et les Golgotha de nos existences ne sont que des passages, vers la vraie vie, le vrai amour ! Amen.

