Les Homélies du père Alain-Noël
Chers frères et sœurs,
Regardons le monde autour de nous. Entre la précarité qui s’installe, l’avenir économique qui inquiète et la violence sociale qui s’exprime partout et parfois sur les réseaux sociaux ou dans nos rues, il est facile de céder au cynisme, à la peur ou à la colère.
C’est exactement dans ce climat de tension que la Parole de Dieu vient nous bousculer. Les pharisiens, dans l’Évangile, posent à Jésus une question d’experts pour le piéger : « Quel est le grand commandement ? »
Frères et sœurs,
Les textes de ce dimanche mettent en lumière la souveraineté absolue de Dieu sur l’histoire humaine. Dans la 1ère lecture, Dieu interpelle Cyrus, un roi païen qui ne le connaît pas, pour rappeler qu’Il guide les affaires du monde : « C’est moi qui suis le Seigneur, il n’y en a pas d’autre ». Il lui fait comprendre que Tout pouvoir, toute autorité sur cette terre restent subordonnés au dessein du Très-Haut.
…
La parabole des invités au festin de noces met souvent mal à l’aise les lecteurs d’aujourdhui. La réaction du roi qui pique une colère noire, brûle la ville des premiers invités, puis fait jeter un homme pieds et poings liés dans les ténèbres extérieures simplement pour défaut de vêtement semble disproportionnée, voire violente.
Frères et sœurs,
En ce 27ème dimanche, les lectures résonnent de manière singulière au croisement de trois grands événements de notre communauté : l’entrée en Église de nos catéchumènes, la clôture du Temps pour Création, et le 800€ anniversaire de la mort de saint François d’Assise. Ces trois réalités trouvent leur clé de voûte dans une même image : la vigne.
Les textes de ce dimanche forment un miroir exigeant pour nos vies spirituelles et sociales. Le prophète Ézéchiel pose une vérité libératrice : le passé ne nous condamne pas. La vie spirituelle n’est pas un héritage figé, mais un choix permanent. Dans l’Évangile, Jésus prolonge cette intuition en confrontant les certitudes des chefs religieux avec la réalité des actes : le premier fils dit « non » mais finit par aller à la vigne, tandis que le second dit « oui » avec politesse, mais n’y va jamais.
Aujourd’hui, l’Église rassemble ces trois textes magnifiques pour nous faire faire un grand saut dans le cœur de Dieu, un cœur qui dépasse nos calculs humains, nos mérites et nos attentes. C’est précisément ce que nous célébrons dans le baptême. Nous pouvons retenir deux points pour notre méditation.
« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ! » Voilà, frères et sœurs, ce que Jésus dit à ses disciples dans l’Évangile de ce jour, et ce qu’il dit à chacune et chacun de nous aujourd’hui, en cette veille de rentrée.
Juste avant cet appel fort, le Christ annonce sa Passion et sa résurrection : il s’agit du cœur de notre foi chrétienne. Pierre et les disciples ont du mal à entendre cette annonce, qui supposera pour le Seigneur de grandes souffrances avant la joie immense de la vie qui l’emporte sur la mort.
Frères et sœurs,
Avez-vous conscience que, dans nos vies, nous sommes appelés à être, comme le dit le prophète Isaïe, « plantés comme une cheville » ? Non pas une cheville qui se tord lors d’une randonnée en montagne, mais une cheville dans une charpente ou dans un meuble, celle qui tient les éléments ensemble, qui assure la solidité de l’ensemble dans lequel elle est fixée.

