Les Homélies du père Alain-Noël
Homme de peu de foi, pourquoi, pourquoi as-tu douté ? Avance et ne crains pas, aie confiance, c’est moi !
Frères et sœurs, au cœur de cet été, voilà que Jésus nous appelle à dépasser nos doutes, nos craintes, nos angoisses. Il nous appelle à surmonter les épreuves de la vie, à ne pas nous laisser dominer par les tempêtes. Pierre, comme les autres disciples dans la barque, sont inquiets et bouleversés. Ils n’ont pas encore compris que le Christ pouvait marcher sur les eaux, parfois effrayantes, de nos peurs et de nos fragilités.
« Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » Voilà l’étonnante réponse de Jésus à ses disciples, qui se demandent comment l’immense foule qui suit Jésus va pouvoir être rassasiée… La confiance que Jésus fait à ses disciples est la même qu’il nous fait aujourd’hui : nous sommes appelés à nourrir nos frères et sœurs, comprenons à témoigner de l’amour de Dieu en paroles et en actes. La nourriture n’est en effet pas uniquement matérielle, même si elle est indispensable et nous invite au partage. Jésus le sait bien, lui qui, au moment des tentations au désert, affirmait : « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toutes paroles qui sort de la bouche de Dieu ».
Pourquoi le Seigneur Jésus raconte cette parabole ?
Il est à mi-chemin de sa mission. Il a l’impression que sa parole tombe dans le désert, personne n’écoute. Dimanche dernier, Il exultait : Père, Seigneur du ciel et de la terre, Je proclame ta louange, ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.
« Père, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits ! » Dans sa prière Jésus s’émerveille du fait que Dieu se donne à connaître aux « tout-petits », c’est-à-dire à ceux qui ont suffisamment d’humilité pour se laisser surprendre par sa présence d’amour. Il ne s’agit pas de statut social mais de disposition du cœur : chaque être humain peut se placer dans une attitude qui le prépare à s’ouvrir au Mystère de Dieu ! Il suffit, pour s’en rapprocher, de faire confiance, de lâcher prise.
Tout d’abord, Jésus, tu me pardonneras de ne pas commenter, ce matin, les textes de la Parole de Dieu !
Bon, je vais essayer de vous dire quelques mots, en ce jour particulier et forcément émouvant, même si je ne déménage que début septembre.
« Soyez donc sans crainte », dit Jésus dans l’Evangile de ce dimanche. Pourtant, nous aurions des raisons d’être inquiets, dans un monde cabossé et lorsque nos existences sont fragiles… Mais voilà ! Notre foi nous appelle au courage et à la confiance, et lorsque les vents sont contraires, nous pouvons nous appuyer sur la belle espérance que Dieu dépose dans nos cœurs…
« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux… » Déjà, au temps de Jésus, il y avait une sorte de crise des vocations ! Les douze apôtres devaient se demander comment ils allaient faire pour annoncer l’Evangile au monde entier. Mais Jésus va les rassurer en leur demandant de commencer par les personnes les plus proches, celles qui croyaient déjà en Dieu dans le peuple d’Israël. Plus tard, lorsqu’ils seront plus nombreux, ils pourront se risquer à aller « au grand large », à la rencontre des personnes plus éloignées de la foi.
Frères et sœurs, la fête du Saint-Sacrement nous rappelle que Jésus reste éternellement présent, et qu’il se donne en communion à chaque eucharistie ! Les jeunes qui communient pour la première fois ce dimanche ressentent cette réelle présence d’amour et de vie. Et le don que le Seigneur nous fait peut-être reçu sans limite, sans modération : à chacun de nous de le redécouvrir, même si nous communions déjà depuis longtemps !

