Skip to main content Scroll Top
Logo homélies

Homélie du dimanche
4 octobre 2026

Frères et sœurs,
En ce 27ème dimanche, les lectures résonnent de manière singulière au croisement de trois grands événements de notre communauté : l’entrée en Église de nos catéchumènes, la clôture du Temps pour Création, et le 800ème anniversaire de la mort de saint François d’Assise. Ces trois réalités trouvent leur clé de voûte dans une même image : la vigne.
La première lecture et l’Évangile nous montrent que Dieu est ce vigneron passionné qui prépare sa vigne avec un soin infini. La Création tout entière est cette vigne offerte. Mais la tragédie survient quand les vignerons oublient qu’ils ne sont que des gérants : ils veulent posséder. Ils accaparent les fruits, rejettent les envoyés et vont jusqu’à tuer le Fils. N’est-ce pas le mal de notre époque ? Vouloir dominer la Création au lieu de la cultiver et de la garder ?
Traiter la terre, les ressources et même les personnes comme des biens à exploiter plutôt que comme des dons à recevoir. Saint François d’Assise a incarné le remède à cette dérive : la pauvreté spirituelle. N’ayant rien à posséder ni à défendre, François pouvait regarder le monde sans violence et appeler le soleil, la terre et l’eau ses frères et ses sœurs. La Création n’est pas notre propriété, c’est la maison du Père dont nous sommes les intendants.
À vous, chers catéchumènes, qui faites aujourd’hui ce pas vers l’Église : votre présence est le signe que la vigne du Seigneur est bien vivante et féconde. Vous ne venez pas rejoindre une structure humaine ou consommer un service spirituel ; vous venez vous greffer sur la vraie vigne qu’est le Christ. Vous êtes la preuve vivante que la vigne n’est pas abandonnée, qu’elle continue de grandir et de donner de jeunes pousses.
Mathieu nous avertit : le Royaume de Dieu est confié à « une nation qui lui fera produire ses fruits ». En entrant en Église, vous ne venez pas consommer du sacré, vous venez apprendre à porter du fruit avec nous ; et vous nous rappelez, à nous tous, notre responsabilité : faire fructifier la grâce reçue par des actes de vérité, de justice et de fraternité. Mais, comment porter ce fruit au quotidien ?
Saint Paul, dans la deuxième lecture, nous donne la méthode. Face aux inquiétudes du monde et aux tentations de repli, il nous dit : « Ne soyez inquiets de rien, mais en toute circonstance, priez et suppliez, tout en rendant grâce. »
Il nous invite à tourner nos pensées vers tout ce qui est vrai, noble, juste, pur, aimable et digne d’éloge. C’est l’exact pendant du Cantique des Créatures de saint François.
Aujourd’hui, renouvelons notre regard, rendons grâce pour le don de la Création et engageons-nous à la respecter comme un frère. Entourons de nos prières et de notre affection nos catéchumènes qui répondent à l’appel de la vigne. Et demandons au Seigneur la grâce de quitter la posture du propriétaire inquiet pour embrasser celle du serviteur confiant.
Que la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir, garde vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus.
P. Simon Mahoungou.