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Homélie fête paroissiale

Frères et sœurs, en ce jour où notre paroisse Saint-Martin du Néron se rassemble en fête, l’Évangile nous plonge dans une veillée nocturne. Située aux portes de la Passion, la parabole des dix jeunes filles s’adresse à des disciples qui s’impatientent face au temps qui passe et aux urgences de l’histoire.
À l’image de notre paroisse, qui rassemble des clochers et des réalités multiples ancrées entre nos massifs et nos vallées (de Saint-Égrève à Saint-Martin-le-Vinoux, de Le Fontanil-Cornillon à Quaix et Proveyzieux), cette communauté primitive apprend à vivre sous le regard du Seigneur qui vient. C’est le temps de la fidélité quotidienne, loin des effervescences passagères.
Dans l’évangile, face à l’Époux qui tarde, toutes les jeunes filles s’endorment. La différence ne se fait pas sur le sommeil, mais sur l’huile dans les lampes. L’huile, c’est la relation intime, vivante et personnelle avec le Christ. Et la parabole est formelle : l’huile ne s’emprunte pas. On ne peut pas vivre de la foi de son voisin, de ses parents ou de sa communauté par procuration. Chacun doit, au cœur de sa liberté, nourrir sa propre flamme par la prière, l’écoute de la Parole et l’amour en actes.
En ce jour de fête paroissiale, cette parabole résonne d’une manière très particulière pour nous. Veiller, ce n’est pas seulement guetter l’heure avec anxiété ; c’est veiller à l’unité. Une lampe ne brille jamais seule : Dans la nuit des épreuves, du découragement ou de l’indifférence, une petite flamme isolée tremble et risque de s’éteindre. Notre paroisse Saint-Martin du Néron est précisément ce lieu où nos lumières s’entretiennent mutuellement.
Faisons attention aux clivages qui éteignent l’Esprit. La tentation est parfois grande de compter nos réserves, de nous replier sur nos clochers ou nos habitudes (on a toujours fait ça), oubliant que la sève chrétienne est faite de communion. Refuser la division, c’est refuser de laisser s’éteindre la charité au milieu de nous.
Nous devons cultiver le « nous » ecclésial. Soyons vigilants à l’unité, vigilants aux nouveautés que nous apporte l’Esprit, c’est veiller à ce que personne ne soit laissé sur le bord de la route, la lampe vide ou brisée. Reconnaissons que notre « capital spirituel » grandit précisément lorsque nous le partageons dans la fraternité, l’accueil de l’autre et la mission commune.
En cette fête paroissiale, que le Seigneur trouve nos lampes pleines d’une huile généreuse. Non pas une réserve jalousement gardée, mais une foi ardente, partagée et unie, prête à ouvrir grand la porte au Christ qui vient aujourd’hui habiter notre communauté. Amen
P. Simon Mahoungou.