Les Homélies du père Alain-Noël
Quelle exigence dans les paroles de Jésus ! Quel formidable appel à la sainteté de l’amour ! Alors, bien sûr, nous pouvons nous sentir complètement dépassés par ces mots. Nous nous demandons comment il est possible de répondre à ce que le Christ nous propose…
Mais n’a-t-il pas raison, Jésus, de nous tirer vers le haut, d’affirmer qu’un chrétien ne doit pas se contenter du minimum ? En fait, dans ce passage de l’Evangile, ce dont il est question, c’est de ne pas répondre au mal par le mal. Car nous le constatons bien : cette attitude entraînerait une spirale négative de violence, de tristesse, de rancune.
Frères et sœurs, nous venons de fêter la Saint Valentin ! N’est-ce pas l’occasion de nous redire que nous sommes tous appelés à être des amoureux ? Amoureux de la vie, amoureux du Bon Dieu, amoureux des autres en nous mettant à leur service dans la bienveillance et le partage… Dieu lui-même nous montre le chemin, tant il est passionné, amoureux de chacun de nous. Nous sommes gravés dans la paume de sa main ! Et Jésus, lui aussi, par sa Passion et sa résurrection, nous présente le don total, le don par excellence, le don de l’amour inconditionnel… La présence des fiancés de notre paroisse, ce dimanche, nous rappelle la beauté de la confiance, de l’engagement mutuel, du « oui » audacieux et sans réserve.
Frères et sœurs, comme jadis le prophète Isaïe et l’apôtre Simon-Pierre, nous entendons en ce dimanche l’appel du Seigneur : « qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ? » Isaïe répond : « me voici, envoie-moi. » Et Pierre répond à l’appel de Jésus qui lui demande de laisser ses filets, afin de devenir un « pécheur d’hommes »…
Après sa naissance dans l’étable de Bethléem, après sa fuite en Egypte comme un réfugié, voici que Jésus poursuit son inculturation en étant présenté au Temple par ses parents, comme il est prescrit dans la loi de Moïse. Plus tard, il poussera encore plus loin cette démarche, en recevant le baptême dans le Jourdain. Le Seigneur nous montre ainsi que, bien que Fils de Dieu, il ne néglige ni ne méprise les traditions de son temps : son incarnation est totale, il s’immerge dans notre condition humaine sans tricher.
Voici donc, frères et sœurs, que nous achevons ce dimanche la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Et le pape François nous propose aussi, en ce jour, de célébrer avec une particulière ferveur la Parole de Dieu. Ces deux orientations, la prière pour l’unité et l’accueil de la Parole de Dieu sont complémentaires, je dirais même inséparables. Car ce qui nous rassemble sur la paroisse, et qui nous rapproche de nos frères protestants ou orthodoxes, c’est bien de nous mettre à l’écoute de l’Evangile afin de le mettre en pratique dans notre vie quotidienne…
Dans le texte que nous avons lu à l’aumônerie, il est fait mention du 3ème jour : à quoi correspond-t-il ?
Est-ce que Marie était destinée à avoir ce rôle de pousser Jésus à se révéler, si oui, pourquoi ?
Pourquoi seuls les serviteurs ont été témoins du miracle ?
Dans le texte de l’aumônerie, nous avons lu « Femme que veux-tu ? » et « Qu’y a-t-il entre toi et moi ? » Que signifient ces phrases ?
Quelles sont les différentes symboliques entre l’eau, le vin et le sang ? Pourquoi Jésus choisit son 1er miracle, le « vin » et non un acte de guérison ? Quel est le sens de ce miracle aujourd’hui ?
Nous avons pu lire à la fin de l’évangile :«…mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant ». Quelle est la symbolique aujourd’hui ?
Ainsi donc, Jésus a consenti à être baptisé dans le Jourdain par Jean, son cousin… Quelle drôle d’idée, apparemment ! Car Jean baptisait dans l’eau pour le pardon des péchés. Et nous imaginons bien que le Christ, le Fils de Dieu, n’en avait pas besoin ! Alors pourquoi Jésus a-t-il posé cet acte étonnant ?
Peut-être parce qu’il souhaitait montrer qu’il ne voulait pas effacer tout ce qui avait été bâti et annoncé avant sa venue sur la terre. Il le dira d’ailleurs plus tard : « je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. » Jésus donne un nouveau sens au baptême que Jean accomplissait. Il n’est plus seulement question de l’eau qui lave ; il y a désormais le don de l’Esprit-Saint qui descend sur le baptisé, et Dieu qui trouve sa joie dans son Fils bien-aimé.
Après les bergers, les mages… Après les pauvres et les petits, les savants… Ce n’est pas un hasard si les premiers invités à la crèche furent des personnes humbles et modestes. Car Jésus est venu en priorité pour elles. Mais le Fils de Dieu n’oublie pas de se présenter à chacun, quelle que soit sa culture, son statut, son histoire. Il ne méprise donc personne, et se donne à reconnaître, de manière universelle, à tous les hommes de bonne volonté !

