La confiance… Voilà le mot clé qui ressort de la page d’Evangile que nous venons d’entendre. Jésus nous appelle à être « dignes de confiance », dans chaque dimension de notre vie : confiance en nous même, confiance dans les autres, confiance en la vie, confiance en Dieu.
Le mot « confiance » vient de la même racine latine que le mot « foi » : fides, foi. Con-fides, foi en, foi avec. La confiance suppose la vérité, l’honnêteté, comme nous le rappelle le prophète Amos dans la première lecture.
Frères et sœurs, quel immense bonheur d’être réunis ce matin, pour notre fête de retrouvailles après l’été ! Quelle joie de nous retrouver si nombreux, de toutes générations et de toutes sensibilités, que nous avons pu repérer dans la procession d’entrée ! Quelle joie de partager tout ce que nous vivons sur la paroisse, et d’accueillir les nouveaux arrivants qui pourront découvrir nos propositions après la messe et qui, je l’espère, trouveront leur place…
Comment être les disciples de Jésus ? Comment mettre nos pas dans ses pas ? Comment accueillir sa présence qui peut transformer nos vies ? Voilà, frères et sœurs, les questions qui nous sont posées dans la page d’Evangile de ce jour. Bien sûr, il ne s’agit pas d’opposer nos amitiés, nos affections humaines et l’amour que nous ressentons pour le Seigneur. Les deux se complètent et s’éclairent. Mieux encore : nous pouvons aimer Dieu en aimant les autres, et mieux aimer les autres en nous rapprochant de Dieu !
L’humilité… Voilà le mot « clef » qui ressort des textes de ce dimanche. L’humilité est une merveilleuse qualité, qui permet de s’épanouir en donnant davantage de place à Dieu et aux autres. Il ne s’agit pas, pour nous, de perdre notre personnalité, de renier notre caractère ou notre tempérament. Mais il s’agit d’essayer de dégonfler un peu notre égo !
La première lecture nous invite à lutter contre l’orgueil : « plus tu es grand, plus il faut t’abaisser ; accomplis toute chose dans l’humilité. »
« Rassembler… » Voilà sans doute le verbe essentiel que nous découvrons dans les textes de ce dimanche. Dans la première lecture, le prophète Isaïe annonce que Dieu « vient rassembler toutes les nations, de toute langue ». Et le Seigneur compte sur son peuple, ses fidèles, pour l’annoncer et le faire découvrir au monde entier ! En écho à cet appel, le psaume proclame : « Louez le Seigneur, tous les peuples ; fêtes-le, tous les pays ! »
Frères et sœurs, le moins que l’on puisse dire, c’est que la page d’Evangile de ce dimanche est énigmatique, voire étrange… La semaine dernière, Jésus nous appelait à être « veilleurs » et « serviteurs ». C’était exigeant mais clair ! Mais la suite de l’Evangile selon St Luc, que nous entendons aujourd’hui, a de quoi bousculer nos intelligences et nos cœurs…
Le début du texte, d’abord : Jésus évoque un feu et un baptême. Sans doute des allusions à sa Passion et sa résurrection, passage de la mort à la vie, avec le mot « baptême ». Et pour le mot « feu », une annonce de la Pentecôte et du don de l’Esprit-Saint. Tout le monde est invité à accueillir le Mystère Pascal et celui de la Pentecôte. Mais le Christ sait bien que la foi, proposée à tous, ne sera pas reçue par tous. Voilà pourquoi il parle de « division » en son nom. Jésus ne souhaite pas ces conflits et ces oppositions, mais il constate que la Bonne Nouvelle ne fait pas l’unanimité, puisque nous restons libres de la recevoir ou de la refuser. Nous en faisons l’expérience dans notre entourage, parfois même au sein de nos propres familles.
Frères et sœurs, le 1er novembre 1950, le pape Pie XII proclamait la foi en l’Assomption de Marie en ces termes : « nous affirmons et reconnaissons comme un dogme que l’Immaculée Mère de Dieu, la Vierge Marie, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste. »
Voilà donc ce que nous célébrons en ce vendredi 15 août ! Marie, qui a enfanté Jésus, le Fils de Dieu, est intimement, corporellement, liée au Christ. L’Assomption de Marie n’a de sens que comprise en lien avec les Mystères de l’incarnation et de la Résurrection du Seigneur.
Être des serviteurs ! Voilà ce que Jésus nous propose dans l’Evangile de ce dimanche. Des serviteurs, mais pas des esclaves ou des larbins ! Serviteurs des autres, par amour.
Être des veilleurs ! C’est le deuxième appel du Christ : tenir nos lampes allumées, les lampes de nos cœurs, de notre confiance et de notre espérance. Les lampes de la foi et du partage.
Serviteurs, veilleurs : Jésus nous montre l’exemple, dans la parabole qu’il utilise. Tout maître et Seigneur qu’il est, c’est lui qui, la ceinture aux reins, nous fait prendre place à table et se met à notre service ! Il nous le montrera encore, avec le signe du lavement des pieds, et lors de sa Passion et du don de sa vie…
« Amasser pour soi-même » : voilà ce que Jésus dénonce dans cette page d’Evangile. Ce qui est en cause, ce n’est pas de posséder des biens, ni même d’épargner ! Je pense même que Jésus ne devait pas critiquer Marie et Joseph, s’ils parvenaient à mettre un peu d’argent de côté… Ce dont il s’agit dans la parabole que le Christ nous propose, c’est l’égoïsme, le chacun pour soi ; toutes les fausses richesses qui nous font croire au bonheur, mais qui risquent de nous éloigner des autres, de la vraie vie, de nous-mêmes.
Ce passage de l’Evangile, nous fait assister à un débat entre deux rabbis, deux rabbins ; Jésus et un docteur de la Loi. Débat autour d’une question « que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Il nous faut déjà bien comprendre la question : En Français, l’expression « vie éternelle » évoque surtout une notion de durée, au risque que cela devienne un peu ennuyeux. Mais dans la langue du Nouveau Testament, en Grec, l’expression évoque l’idée d’une vie riche, savoureuse, autant qu’une notion de durée. Il serait peut-être plus juste de traduire par « que dois-je faire pour être heureux ? »

