
Homélie du 30ème dimanche du temps ordinaire
le 25 octobre 2026
Chers frères et sœurs,
Regardons le monde autour de nous. Entre la précarité qui s’installe, l’avenir économique qui inquiète et la violence sociale qui s’exprime partout et parfois sur les réseaux sociaux ou dans nos rues, il est facile de céder au cynisme, à la peur ou à la colère.
C’est exactement dans ce climat de tension que la Parole de Dieu vient nous bousculer. Les pharisiens, dans l’Évangile, posent à Jésus une question d’experts pour le piéger : « Quel est le grand commandement ? »
Dans une société divisée et sous occupation, Jésus répond en allant à l’essentiel : Aime Dieu de tout ton cœur, et aime ton prochain comme toi-même. Pour nous, cela peut sembler une réponse naïve ou « bisounours ». Mais détrompons-nous : l’Amour dont parle le Christ est un acte de résistance pure.
Regardez dans la 1ère lecture, Dieu parle de justice sociale brute. Il défend l’étranger, l’orphelin, le pauvre à qui on prête de l’argent et à qui on ne doit pas prendre son seul manteau pour la nuit. En période de crise économique, le réflexe humain est souvent le repli sur soi, la compétition ou le rejet de l’autre. Dieu nous dit exactement le contraire : la crise ne doit jamais être une excuse pour déshumaniser l’autre.
Saint Paul, dans la 2ème lecture, félicite les jeunes chrétiens de Thessalonique parce qu’ils ont accueilli la Parole « au milieu de grandes détresses, avec la joie de l’Esprit Saint ». Malgré un environnement hostile et violent, leur manière de s’aimer et de vivre est devenue un modèle contagieux.
Aujourd’hui, l’Évangile ne nous demande pas d’ignorer la violence du monde ou les difficultés économiques. Il nous demande d’être des acteurs de transformation :
• Aimer Dieu, c’est refuser de laisser le désespoir ou le matérialisme dicter vos vies.
• Aimer son prochain, c’est choisir la solidarité plutôt que l’individualisme, le dialogue plutôt que la haine, et le soutien concret aux plus démunis.
Frères et sœurs, face à la violence sociale, notre meilleure réponse n’est ni la résignation ni la haine : c’est un amour engagé, concret et courageux. Prenez un instant pour faire le point dans votre cœur :
• Face aux tensions sociales : quelle est ma réaction devant la colère ou la violence ambiante (sur les réseaux, dans les cours, au travail) ? Est-ce que je cherche à apaiser ou est-ce que j’alimente le conflit ?
• Face à la crise économique : Comment est-ce que je gère mon rapport à ce que je possède ? Suis-je capable de partager ou de tendre la main à un proche qui galère financièrement ou moralement ?
• Face à l’avenir : Est-ce que ma foi me donne le courage d’agir concrètement dans la société (bénévolat, engagement citoyen, écoute), ou me pousse-t-elle à rester spectateur ? Que puisse l’Esprit Saint nous illuminer et guider nos actions. Amen.
P. Simon Mahoungou.

