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Homélie du 29ème dimanche du temps ordinaire
le 18 octobre 2026

Frères et sœurs,
Les textes de ce dimanche mettent en lumière la souveraineté absolue de Dieu sur l’histoire humaine. Dans la 1ère lecture, Dieu interpelle Cyrus, un roi païen qui ne le connaît pas, pour rappeler qu’Il guide les affaires du monde : « C’est moi qui suis le Seigneur, il n’y en a pas d’autre ». Il lui fait comprendre que Tout pouvoir, toute autorité sur cette terre restent subordonnés au dessein du Très-Haut.
C’est cette même vérité que Jésus rappelle dans l’Évangile face à la question piège des pharisiens sur l’impôt. En répondant : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu », Jésus trace la juste frontière entre la citoyenneté terrestre et l’appartenance divine. Nous devons être des citoyens honnêtes et engagés dans la cité, mais notre cœur, notre âme et notre conscience n’appartiennent qu’à Dieu seul.
Saint Paul souligne que cette foi ne reste pas théorique, mais une foi active, une espérance tenace. La foi chrétienne n’est ni une fuite du monde, ni un asservissement aux idéologies politiques ou sociales : elle est le levain de la cité, animée par la certitude que Dieu souverain précède et dépasse toute autorité humaine. Le pape Jean Paul II disait, dans son Exhortation apostolique, Christifideles Laici, en 1988 : « les laïcs sont appelés à être des ouvriers actifs au cœurs du monde…ils ne doivent pas se réfugier dans l’enceinte de l’Eglise, mais assumer leurs responsabilités politiques, économiques, sociales et culturelles. »
Lors de ses prises de parole en France, le pape Léon XIV a fortement résonné avec ces trois lectures : Jésus nous rappelle de rendre « à Dieu ce qui est à Dieu ». Le pape a mis en garde contre le risque de chercher à combler notre vide intérieur par le matérialisme, le divertissement ou de petites idoles éphémères. Seul Dieu étanche la soif de sens et d’accomplissement de l’être humain.
À l’image des Thessaloniciens, notre foi doit se manifester par un témoignage concret. Le pape Léon nous invitait à pratiquer une juste laïcité : ne pas cacher la foi dans la sphère privée, mais l’apporter comme une source d’espérance, de justice, d’égalité et de fraternité au cœur de la cité.
Comme le roi Cyrus guidé à son insu par Dieu pour libérer le peuple, Dieu agit à travers l’histoire humaine. Nous sommes appelés à ne pas baisser les bras face à la sécheresse spirituelle, mais à devenir une « source d’eau vive » pour les autres par le don de soi, la douceur et l’attention aux plus fragiles. Amen.
P. Simon Mahoungou.