
Homélie pour le vendredi saint 2025
Frères et soeurs, il est difficile d’imaginer précisément ce qui se passe dans la tête et dans le coeur de Jésus en ce funeste vendredi… En entrant dans Jérusalem, malgré l’ambiance festive et chaleureuse, il savait déjà ce qui se tramait en coulisses. En partageant le repas pascal avec ses apôtres, il avait déjà compris que Judas, l’un des douze, le trahirait pour quelques piécettes.
Jésus maintient pourtant une absolue confiance dans l’amour et la présence de son Père. Mais humainement, et sans doute aussi spirituellement, il doit se poser des tas de questions. Sa souffrance n’est pas seulement physique, au fil des évènements. Elle est aussi morale : comment supporter une telle injustice ? Comment accepter la peine immense de Marie ? Comment comprendre l’attitude de Pierre et des autres ? Comment consentir, en tant que Fils de Dieu, incarné par amour pour les hommes, à ce que cette même humanité le condamne et l’exécute comme un brigand ?
Mais voilà : le Christ est un passionné. Passionné de la vie, passionné de ses frères et soeurs, passionné de Dieu. Il est tellement passionné qu’il va aller jusqu’au bout du don de soi. Pas sans larmes, pas sans révoltes, pas sans peurs. Mais avec la conviction ultime qu’il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.
Le Seigneur nous montre la voie, il nous donne un bel exemple. Nous aussi, nous pouvons donner notre vie pour les autres : pour nos proches bien sûr, famille et amis. Mais également pour les personnes qui souffrent, qui sont en précarité, qui doutent. Le vendredi saint est un jour qui nous rappelle l’urgence de soulager, d’écouter, de partager. Comme Jésus, nous pouvons être des passionnés ! Comme lui, nous sommes appelés à nous enraciner dans la foi et dans l’espérance, pour mieux aimer !
Lorsque nous vivons des moments difficiles dans nos vies, tournons-nous vers le Seigneur et appuyons-nous sur les autres. Que notre prière soit fervente et habitée. Que les soutiens que nous recevons et que nous offrons nous préservent du découragement.
Et n’oublions jamais qu’après la détresse, le chagrin ou le doute, il y a toujours une place pour une aube nouvelle, un chemin de vie, une promesse de résurrection ! Demain soir et dimanche nous le célèbrerons, le coeur tout léger.
Je ne sais pas de quoi demain sera fait, mais ce que je sais, c’est que demain l’espérance se lèvera plus tôt que le soleil. Amen.

