Message d’Alain-Noël

 Vendredi 13 novembre 2020

Message du Curé

Mes chers amis paroissiens,

Vous avez peut-être entendu parler d’un rassemblement ce dimanche à Grenoble, pour prier et “réclamer” la reprise des messes dans notre diocèse.
Je ne participerai pas à cette manifestation, et je vais vous expliquer pourquoi.

D’abord, il me semble que dans le contexte que nous vivons, il n’est pas opportun de se réunir, même en extérieur : quelle image donnerions-nous de l’Eglise catholique ? Alors qu’on nous demande d’éviter les regroupements, cette initiative m’interpelle fortement…
D’autre part, je suis gêné par la demande de certains catholiques, qui estiment légitime d’obtenir un “passe-droit”.

Bien sûr, vous le savez, je suis profondément attaché à la célébration de l’eucharistie ; elle est constitutive de ma vie de prêtre et de notre vie de baptisés. Comme le dit le concile Vatican II, elle est source et sommet de la vie chrétienne.
Les messes de semaine et du week-end, avec votre présence fidèle, me manquent beaucoup.
Mais il n’est pas question, pour moi, d’exiger du gouvernement un traitement de faveur.

Je sais combien l’eucharistie est essentielle, et combien nous avons hâte de reprendre nos célébrations ! Nous le ferons dès que cela sera possible, dans le respect absolu des gestes barrières, de la sécurité et de la santé de tous.

Mes pensées et ma prière se tournent vers les malades, leurs familles, les soignants et les chercheurs, mais aussi vers les personnes qui, au plus haut sommet de l’Etat, doivent prendre des décisions difficiles et douloureuses. Je prie aussi pour celles et ceux qui souffrent de ne plus pouvoir participer à l’eucharistie.

En tant que chrétiens, et même si nous sommes frustrés de ne pas vivre notre foi comme nous le voudrions, ne sommes-nous pas appelés, éclairés par la Parole de Dieu et le souffle de l’Esprit-Saint, à inventer provisoirement d’autres façons de prier, de vivre l’Evangile, de nous soucier des plus pauvres ? Le témoignage que nous désirons apporter au monde ne suppose-t-il pas, pour l’instant, de consentir à être solidaires avec nos compatriotes ?

Voici ce que dit notre évêque à ce sujet : “Ne rêvons pas de privilèges, quand nos contemporains sont fortement éprouvés et connaissent eux aussi des privations de liberté.

J’espère sincèrement que nous pourrons bientôt reprendre nos messes. Nous le ferons alors avec joie, la joie de célébrer le Christ ressuscité, et de nous retrouver tous ensemble !
En attendant, je vous redis la fidélité de mon amitié et de ma prière. Ne nous décourageons pas, soyons patients, et maintenons fermement nos cœurs dans l’espérance et la confiance !

Votre petit curé, Alain-Noël.

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