Homélie du dimanche 13 septembre 2020

 

Pardonner jusqu’à 70 fois 7 fois ? Si l’on tient compte du chiffre « 7 » dans la Bible, autant comprendre que Jésus nous appelle à pardonner à l’infini… Donc pardonner à chaque fois que nous sommes blessés, meurtris, incompris, humiliés ! Plus facile à dire qu’à faire… L’apôtre Paul le sait bien, lui qui nous invite à vivre pour le Seigneur, afin de progresser sur les chemins de crête que nous propose l’Evangile.

Ah ! Le pardon ! N’est-ce pas le sommet des exigences que notre foi stimule en nos cœurs ? Le pardon n’est pas une faiblesse, ni une lâcheté. Il ne s’agit pas d’être naïf, de nous faire manipuler, de tout accepter sans rien dire. Le pardon, c’est formidable, car il s’agit d’une main tendue qui permet de retisser des liens, de ne pas rester sur un échec, de ne pas se contenter de l’indifférence. Grâce au pardon, nous pouvons offrir une deuxième chance, signaler à notre prochain que sa personne ne se résume pas à un acte ou une parole.

Bien sûr, pour que le pardon offert porte du fruit, il est nécessaire qu’il soit accueilli. Il faut que les deux partenaires consentent à faire preuve d’humilité, de sagesse et de courage. Voilà pourquoi nous devons nous appuyer sur le Christ, et sur le don de l’Esprit-Saint, lorsque le défi semble au-dessus de nos forces…

Dieu le Père, lui, est toujours prêt à nous offrir sa miséricorde. Et il attend de nous que nous essayions, à notre tour, de tout faire pour nous disposer au même élan d’amour ! C’est aussi ce que nous dit le sage Ben Sira, dans la première lecture, lorsqu’il affirme que la rancune, la colère et la vengeance sont vaines et dangereuses.

Nous avons donc à chercher le délicat et précieux équilibre entre le désir authentique de pardonner, et la nécessité de ne pas souffrir si une personne nous fait du mal.

Le pardon, dans tout l’Evangile, n’est jamais présenté comme une vertu facultative. Mais n’oublions pas que Jésus nous demande aussi d’être « candides » et « intelligents ». Comprenons que l’amour est source de tendresse et de miséricorde, mais aussi de sagesse et de discernement.

Frères et sœurs, demandons aujourd’hui au Seigneur la grâce de pardonner et de demander pardon. Accueillons la force de sa présence pour nous accompagner dans cette aventure. Prions pour ceux que nous avons blessés, et pour ceux qui nous ont fait du mal. Car la prière nous rapproche de Dieu, elle nous apaise, et elle peut changer nos cœurs en profondeur. Amen.

 

Alain-Noël Gentil

Télécharger en PDF

Articles associés